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31.08.2009

Le bien commun, Thomas et le Pape (4)

Dans les billets précédents, j’ai évoqué la conception de la Cité, de l’Etat, selon Aristote et Hobbes: pour le premier, c’est une organisation naturelle, l’homme étant un animal politique prédisposé à vivre en société pour atteindre son objectif final: le bonheur. Pour le second, l’Etat est avant tout contractuel, et répond à un besoin de sécurité:  les hommes tentant par l’éléboration de cet organisme supra-individuel d’échapper à la violence qui compromet leur survie. La notion de bien commun public est implicite chez l’un et l’autre: ils évoquent tour à tour les intérêts communs, les avantages communs. Mais c’est le théologien catholique du XIIIe siècle Thomas d’Aquin qui théorise la notion.

J’adore Thomas d’Aquin. S’il fait figure pour les profanes de vieille baderne (être cité régulièrement dans les bulles papales, encycliques, cathéchismes etc ne plaide pas en sa faveur), c’est un esprit génial, original, à plus d’un titre moderne. On trouve dans sa prose des perles de la taille de météorites. L’establishement (l’Eglise, la Royauté ou l’Empire) l’a toujours exploité en sa faveur, imposant comme vérité de foi une conception hiérachisée du monde et de la société humaine, reflet de la cité céleste, reflet de la volonté divine. Il va bien au delà, et dans tous les domaines.

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27.08.2009

Austérité, rigueur, scandale

Nos chantres politiques ont beau manier les mots encore moins bien que les chiffres, cela leur permet d’occuper la scène médiatique en vains débats et rodomontades à saveur électorale. Il est vrai qu’en Belgique, le post- est tellement du pré- qu’il n’y a guère de temps de latence, laissé à cette chose semble-t-il secondaire qu’est la gouvernance du pays.

Pour  échapper à la rhétorique mensongère qui sert à dresser les uns contre les autres au bénéfice premier de la particratie reprenons les deux mots dont on nous rabat les oreilles. Austérité: "Qui se montre sévère pour soi, retranche sur ses aises et ses plaisirs" (définition du petit Robert).

Rigueur? "Exactitude, précision, logique inflexible". 

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26.08.2009

Londres, Hobbes et le Bien commun (3)

La pigeonne voyageuse a retrouvé son nid, après un petit saut de l’autre côté du Channel to visit London:  j’ai cédé à une orgie de musées (ils sont gratuits); de concerts (les tickets du jour à 5 livres pour Fidelio sous la baguette de Barenboïm) et de restos Indiens (2 pour 1 au Tamarin, vive la crise qui stimule les initiatives aussi positives). Avec le billet eurostar à 77 euros, les hotels booking.com a prix écrasés et le cours de la livre, franchement, c’est du bonheur à saisir. Surtout que de petites évasions comme celles-là permettent de humer un autre air, de voir d’autres choses, d’essayer de comprendre autrement. Bref, de philosopher à Trafalgar Square.

Je suis très frappée d’un côté par le côté multiculturel et déjanté de Londres, et en même temps son climat sécuritaire: caméras, avertissements (ceci se fait, ceci ne se fait pas), appels à la collaboration des citoyens (dénonciation de tags, de conduite inappropriée...); par le côté “standing” des employés de Harrods, et l’attitude on ne peut plus relax des auditeurs de Barenboïm à la galerie du Royal Albert Hall. Première fois de ma vie que je vois des amateurs de classique entrer avec leur couverture, des tomates cerises, du cheddar et du pain, se déchausser, s’allonger et lire Higgins Clarck en écoutant Beethoven... J’ai trouvé ça complètement incroyable. Et puis j’ai repensé à Hobbes. 

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21.08.2009

Le bien commun et le bonheur d'Aristote (2)

Je vous promettais lors du dernier billet de vous emmener dans l’antre de la philosophie. Si le mot seul vous donne des boutons, laissez-moi vous aider à percer ces inélégants comédons, en clouant avant vous au pilori les pseudo-savants usant d’improbable jargon vis-à-vis du commun des mortels. Laissons de côté les érudits d’école, les masturbateurs intellectuels et les baudruches médiatiques pour revenir au sens premier du terme. Etre philosophe, c’est être amoureux, en quête, en demande de sagesse, car la sagesse est la clé du bonheur. Philosopher c’est simplement penser avant d’agir, pour transformer notre action individuelle dans le monde: et cette pensée s’élabore de façon rationnelle, suivant ordre et méthode, pour éviter de s’égarer et de perdre sa vie. Quoi de plus simple, en somme?

Philosophons donc la notion de “Bien commun”. Nous aurons quelques surprises: l’actualité peut donner des dizaines d’exemples de ce qu’une mésentente sur ces termes amène à des prises de position radicales et antagonistes. Je prendrais le cas de la réforme de santé voulue par Obama, qui suscite auprès de nombre de citoyens une véritable levée de boucliers. La querelle nous semble incompréhensible et est trop aisément ramenée à des pressions de lobbies divers, à une question de taxes, d’argent aussi. J’essaierai de vous donnez quelques clés pour penser le problème autrement: et elles sont philosophiques.

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20.08.2009

Commentaires sur le billet d'Aristote (2)

 

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18.08.2009

Le Bien commun (1)

Quoi de plus rébarbatif que le mot même d’étymologie? Cet éty- là n’a pas l’h d’éthylique, lequel renvoie à l’alcool d’éthyl, et à ses multiples variantes, dont le Pekêt ravageur (13 comas aux fêtes liégeoises du 15 août dernier) . Etymologie tire plus sagement son nom d’ etumos, qui en grec signifie “vrai”. C’est une science du vrai, du vrai sens des mots. Elle reconstitue leur ascendance en remontant de l’état actuel à l’état le plus anciennement accessible. J’adore l’étymologie: elle dévoile l’origine souvent ambigue des termes, le dévoiement de leur sens, leur usage, leur usure. Elle nous amène parfois à repenser les concepts, pour les ramener à leur fraîcheur originelle.

Tentons la chose avec le Bien commun, en passant outre précisément cet aspect rébarbatif, qui n’est là que pour dissuader les paresseux refusant l’aventure intellectuelle. Intellectuelle, ai-je dit: non pas intello. Distinguons la chose. Il ne s’agit pas de se “cultiver” mais de s’outiller mentalement pour penser juste.

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17.08.2009

Le bien commun, à penser en commun

Avant la rentrée qu'on nous promet mouvementée et pour laquelle nos politiciens fourbissent déjà leurs armes (rodomontades, préludes aux élections suivantes ?), il me semble opportun de prendre un peu d'altitude et de tenter de parler politique, autrement. Ce blog vient de fêter ses 6 mois, 125 billets, plus de 66.000 pages consultées, près de 2200 commentaires. C’est peu, et c’est beaucoup, vu qu’il s’agit de chiffres non trafiqués ;0) et que l’ensemble n’a bénéficié que du bouche à oreille, du forward de liens et d’une fidélisation par les flux rss.

Je vous dis merci d’avoir soutenu cette entreprise, cette prise de conscience citoyenne, cet engagement démocratique de plus en plus convaincu et militant. Je vous dis merci d’avoir embrayé, d’avoir, à votre façon, pris la relève et aidé à cette « percolation » de la politique dans d’autres domaines, dans d’autres milieux. Tout ceci n’a de sens que par la militance quotidienne de chacun d’entre nous : le refus d’être spectateurs d’une politique particratique, d’une dérive de plus en plus anti-démocratique, d’un consentement tacites aux systèmes et à leurs dysfonctionnements. Le refus de ressembler à ceci, un chien repus qu'on mène ou qu'on traîne, sur des voies qu'il ne choisit pas.IMG_3116.JPG

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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14.08.2009

Ce vieux schnock de Thucydide

  • « Un homme qui ne se mêle pas de politique mérite de passer, non pour un citoyen paisible, mais pour un citoyen inutile. »
     
  • Signé Thucydide, ce vieux schnock millénaire qui explique  en des termes éclairants la décadence de la Démocratie athénienne par la perte du sens du "Bien commun"... 
    Ah, si relire les anciens ne passait pas pour une lubie d'intello gâteux, déconnecté des "vraies réalités"... que nous aurions à apprendre, à ré-apprendre des leçons données et oubliées!

12.08.2009

Cabinet: on tire la chasse?

Pardonnez-moi de revenir sur le sujet d’hier (et d’avant-avant-hier) qui peut vous paraître réchauffé, mais la juxtaposition de titres de presse “réactifs” a à mon sens un effet pervers. Ils suscitent notre indignation, alimentent les forums (et notre présence assidue intéresse assurément les annonceurs publicitaires) mais nous divertissent de l’essentiel. L’essentiel n’est pas la réaction, mais l’action: ce qui demande un peu plus d’application et d’implication. 

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11.08.2009

Le principe du cabinet

"Pour survivre la cour (particratique) doit être en équilibre homéostatique. C'est-à-dire qu'elle doit se renouveler constamment sans quoi elle se sclérose et meurt. C'est l'équilibre de la chasse dans les wc. Dès que du liquide en sort, une arrivée d'eau ramène le flotteur au point d'équilibre. C'est la raison de l'appellation "cabinet"". J'emprunte cette citation à l'analyse comme toujours brillante,  à l'esprit fin et humoristique d'Hughes Capet, qui honore fréquemment ce blog de ses commentaires (voir son développement complet sur le dernier billet)

Marie Göranson, de l'observatoire de la gouvernance publique belge fournit sur le sujet un rapport plus austère, mais dont les conclusions sont hélas à rapprocher de l'avis d'Hughes. (http://www.solvay.edu/EN/Research/Bernheim/documents/wp08...). Les réactions sur les forums relatives à l'article de M.Buxtant restent vives, de même que celles,  ce matin encore, faisant état des querelles de bac à sable entre MM. Nollet et Marcourt. L'article cinglant du Standaart, publié hier, -sans compter celui d'aujourd'hui) n'est certes pas pour calmer les esprits.

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