Blogs Lalibre.be
Lalibre.be | Créer un Blog | Envoyer ce Blog à un ami | Avertir le modérateur

23.09.2009

L'interculinarité

Après de houleux débats sur l’interculturalité, où je me vois quasiment menacée d’une fatwa occidentale pour n’être pas plus extrémiste, j’ai eu le grand plaisir d’écouter aujourd’hui, sur la RTBF première, le journaliste français Mohamed Sifaoui. Musulman, croyant, laïc, démocrate, résolument opposé au voile et à la burka, et il appelle l’Europe à une affirmation de ses valeurs face à l’intégrisme. De quoi brouiller les cartes du tarot simpliste: musulman=islamiste. Dans ses écrits aussi, d’ailleurs

Lire la suite

22.09.2009

Interculturalité mais encore

Voici quelques jours qu’on nous bassinne avec “Les Assises de l’interculturalité”. Un machin dont j’ai appris hier qu’il allait durer un an, et dont Delruelle, président du Centre pour l'égalité des chances et la lutte contre le racisme, a expliqué hier avec la plus totale ingénuité la raison d’être, et la ligne directrice. Si vous imaginiez qu’il s’agissait d’un lieu de débats de réflexion, sachez que c’est le cas: dans la limite claire de balises bien définies  (Par qui? Quand? Avec quelle légitimité?)..., et qu’on nous propose comme évidentes. Par exemple : « on peut très bien réussir l’intégration sans rester focalisé sur l’assimilation. Il faut déconnecter les deux. Pour moi, c’est le grand défi des Assises : on doit essayer de le faire comprendre et accepter par un maximum d’acteurs sociaux. » -au moins, on sait à quoi sert la dotation de ce machin (comme celle de la rtbf): nous convaincre de vérités bien définies (une fois encore par qui, quand, avec quelle légitimité).

Dieu merci, j’ai entendu ce matin Guy Harscher aux propos certes plus réalistes. Je ne désespère pas encore tout à fait que la raison et la pondération nous mènent à des décisions que l’humanisme motive: un humanisme arrimés à ses valeurs, non pas défendant, mais proclamant celles-ci, capable en somme d’une militance positive. Idéalisme et pragmatisme peuvent et doivent aller de pair: et il faut parfois ranger le premier au profit du second, le temps de prendre les mesures qui lui permettront, demain, d’avoir plus large droit de cité.

Lire la suite

19.09.2009

“Im Halal”, l’internet sans péché

Parler d’Islam et d’intégration pour le moment, c’est un peu jeter un pavé dans la mare. Les mots sont plus dangereux semble-t-il que les cailloux (voire les bonbonnes de gaz) dont on canarde nos forces de l’ordre, lors d”incidents isolés” laconiquement évoqués par les communiqués de l’agence Belga. Ceux-ci, jusqu’à aujourd’hui, se voyaient relégués en place très secondaire dans les éditions électroniques des media, et demeuraient la plupart du temps fermés aux commentaires. Ne parlons pas du silence assourdissant de la RTBF, rompu hier par le reportage du JT du soir. Qu’à cela ne tienne, celui-ci fut largement centré sur le témoignage des jeunes dont nous n’entendions que la voix sans voir le visage (mais bien,la chemise Mc Gregor). Dans le régime qui est le nôtre, sans doute, il devient dangereux de parler à découvert: surtout, comme le souligne l’un des interviewés, qu’ils font figure de “résistants”. Serait-ce qu’ils se considèrent comme en guerre? Comment dit-on, encore? Djihad?

Je prends mon courage à deux mains, au risque d’encourir l’anathème: je veux parler non de l’Islam, mais de l’Islamisme, ce qui est chose fort différente. L’Islam est une religion, et comme telle je la respecte. L’Islamisme est la forme militante visant l’établissement politique de l’Islam. En tant que démocrate, je le réprouve, car visant  à l’imposition de la charia comme loi, il est en opposition directe avec mes valeurs et mes principes, ceux qui, autour du concept des droits de l’homme (et de la femme) ont nourri la Constitution de mon pays. L’Islam peut coexister avec le monde occidental et s’y intégrer. L’Islamisme, non, car son but est de l’investir et de le transformer. 

Lire la suite

16.09.2009

L’école: sens giratoire, voie sans issue ou autoroute du soleil?

Pas un jour sans qu’on ne parle de l’école, ou des enseignants. L’enseignement de qualité est essentiel (bla-bla-bla...), les profs ont “bien bon quand même” avec leur 20 h/semaine et 3 mois de congés. Demain, il y aura grève, (en fait, arrêt de travail pour information), et à entendre nombre de forumeurs, “c’est scandaleux”, ces profiteurs n’ont qu’à “enfin” travailler (aussi assidument que ceux présents de longues heures sur la plate-forme). Moi, ce que je trouve scandaleux, c’est qu’en définitive, on parle “sur” l’école, mais pas “de” l’école, et encore moins DANS l’école. De Laurette à Joëlle, et pendant presque 20 ans, on a tourné en rond. Les syndicats ont obtenu des revalorisations salariales et la pension à 55 ans. Est-ce que cela a rendu de la valeur au métier? Les jeunes le fuient, c’est une réalité. Posez-vous la question du pourquoi?

La réponse est claire. L’enseignement manque de sens, dans les deux acceptions du terme: il a peu de signification, et on voit mal sa direction. Moralité: élèves et professeurs se trouvent engagés dans une voie sans issue –parfois aussi schizophrénique que le rond-point de Raymond Devos. 

Lire la suite

10.09.2009

Question de pointure

Question de pointure…

« Vous pouvez avoir les enseignants les plus dévoués, les parents qui vous soutiendront le mieux, les meilleures écoles au monde, rien de cela ne fera une différence si vous tous ne prenez pas vos responsabilités » « Réussir est difficile ». « Ce que vous apprenez à l'école aujourd'hui déterminera si notre nation peut relever les plus grands défis de demain. »

Barack Obama

« Non, on ne fait pas des études pour avoir un métier. Si elles peuvent y conduire, ce n’est pas leur finalité. Il faut soutenir tous les jeunes qui veulent apprendre, quelles que soient les filières (…). Mais celui qui a envie de faire l’histoire de l’art, qu’il la fasse aussi, quitte ensuite à ne pas travailler dans ce qui aurait été la suite logique de ses études. La primauté de l’enseignement, c’est l’épanouissement personnel. »

Jean-Claude Marcourt

Je lis, je relis, je hausse les épaules. Question de culture ? Question de pointure !

Lire la suite

08.09.2009

le Bien commun, la momie et Nicolas Hulot

450px-Jeremy_Bentham_Auto-Icon.jpgReprenons, avec un brin de modestie, notre périple sur le Bien commun: en effet, la recette du curry d’agneau, hier, a fait autant de lecteur que le billet sur Hobbes. A moins que ce succès inattendu ne soit dû à l’attrait exercé par mon authentique sari? Au fait, quelqu’un sait comment attacher ce truc? Parce que le mien se déroule, et de plus le revers a failli tremper dans la sauce noix de coco...

Un peu de sérieux s’il vous plaît, revenons à notre préoccupation commune. Je vous ai entrainé d’Aristote à Hobbes et ai poursuivi avec Thomas d’Aquin, sans soucis de chronologie. J’emprunterai désormais un parcours plus classique, en abordant l’époque moderne et Jérémy Bentham, (1748-1832). Encore une momie? Oui. Au sens propre: il a donné son corps à la science, et il fut, à l’époque du plus vif débat sur la dissection, disséqué, embaumé, rhabillé et exposé jusqu’aujoud’hui d’ailleurs dans l’institution qui fut la sienne. Vous pouvez le visiter à la University College de Londres, gratuitement, et tous les jours de cours... (voir la photo ci-dessus).

 

Lire la suite

07.09.2009

Nouvelle politique éditoriale

IMG_3438.JPG

IMG_3445.JPG

Un peu pressée (dans les deux sens du termes) par cette rentrée, et m’étant par ailleurs fait la promesse de prendre celle-ci de façon un peu “zen”, j’ai décidé de m’inscrire dans la nouvelle tendance éditoriale des blogs de la Libre. Par conséquent je vous offre et de aujourd’hui une actualité toute culinaire. Au souper hier, tout spécialement conconcté pour mon homme d’amour, repas indien, senteurs de santal et Sari. Je vire le premier commentateur qui ose poser la question d’une éventuelle suite genre kamasutra, même si je ne vous parle pas ici du dessert...

 

Lire la suite

06.09.2009

J’aime les cloîtres et je hais les prisons

Dans l’un et l’autre cas, il est question de cellules. Dans la première je fais silence; dans la seconde on me l’impose. Les portes du cloître ouvrent sur un jardin intérieur, elles invitent à cultiver et se cultiver; celles de la prison débouchent sur des couloirs sans issues et des cours grises, où germent une violence et des cris d’autant plus dangereux qu’on les croit cantonnés  entre les murs.

Le meilleur cadeau à faire à l’extrémisme est de saper l’expression citoyenne des forums. Elle peut n’être pas plaisante (pour qui?), elle peut n’être pas “bien-pensante” (aux yeux de qui?). Elle est en tous les cas légitime, et l’un des facteurs essentiels d’une repolitisation de l’opinion. Que cela puisse être perçu comme dérangeant, je n’en doute point. Et je considère de surcroît cela comme extrêmement positif.

Arrêtons ici la métaphore: si la presse emprisonne les mots, elle portera à mon sens une lourde responsabilité dans la radicalisation de certains mouvements. Mieux vaut désherber le jardin du cloître que de lancer de l’herbicide à tout va, et de bétonner la cour.

A bon entendeur...

P.S. Vu l'intérêt récent et marqué de La Libre pour les blogs photographiques et culinaires, demain, recette du curry d'agneau. Sauce Tarun Tejpal???

Lire la suite

01.09.2009

L'Asile, c'est ici

Sous ce titre racoleur, vous penserez sans doute que je vais parler d’immigration? Oui, et non. J’entends parler ici de l’asile, celui où l’on met les fous. Du doux pays où je réside. Ce home sweet home dont  nous informe la RTBF, chaîne publique qui hier a consacré 14 minutes à un incident footbalistique, 3 à la rentrée des classes et le reste à un hâtif tour du monde journalistique, type billet belga, “images qui bougent en plus”.

Je m’interroge de plus en plus sur l’information qui est la nôtre: on a beau nous parler du directeur de l’Asile, de ses chefs de département, des cabinets, des pillules que nous, patients (ô combien patients) allons avaler en guise de traitement... il me semble qu’on capitonne de plus en plus les murs, histoire d’assourdir les cris de rage et de désespoir qui sont les nôtres, les appels à l’aide, à la raison, aussi. 

Lire la suite

Toutes les notes